Aquaculture: Le Gouvernement veut booster le secteur
Une réflexion a lieu depuis, 28 décembre à Yaoundé. Aquaculteurs, experts et responsable d’administration cherchent des solutions adaptées pour la promotion de l’aquaculture dans le cadre d’un forum.
Pour satisfaire les besoins de la population camerounaise en produits halieutiques, le Cameroun importe par an quelques 125.000 tonnes de poisson. Le pays n’en produit aujourd’hui que 1000 tonnes. Le ministre de l’élevage, des pêches et des industries animales fait pourtant remarquer que l’importance du sous-secteur de production halieutique est avéré dans le monde car « il contribue de façon significative dans nombre de pays à la sécurité alimentaire, à la création de richesse et d’emplois. En plus, avec la baisse observée des ressources marines dues aux changements climatiques et à la surpêche, l’aquaculture se présente aujourd’hui comme la voie pour accroître la production de produits halieutique pour satisfaire les besoins croissants des populations et réduire le volume des importations qui entraînent d’importantes sorties de devises. »
C’est pourquoi le forum sur l’aquaculture au Cameroun qui s’est ouvert le 28 décembre 2009 à Yaoundé a pour objectif de proposer des solutions pour la promotion de l’aquaculture au Cameroun afin de mieux attirer les investisseurs et pour la mettre en œuvre, de façon cohérente des actions du Minepia pour le développement réel de l’aquaculture au Cameroun.
Le professionnels du secteur réunis au palais des congrès de Yaoundé ont exposé sur les facteurs qui plombent l’éclosion du sous-secteur aquacole : difficultés d’accès aux financements, les taux d’intérêt dans les banques commerciales de 20%, des pièces exigées par les banques sont hors de porté des aquaculteurs; l’élevage se fait encore de façon artisanale; le taux d’alevinage incorrect.
Toute fois, un besoin de cohérence et d’information s’impose dans le secteur car, au moment où certains aquaculteurs parlaient du manque d’alevins pour approvisionner leurs étangs, un responsable de l’Institut de recherche agricole pour le développement de Foumban a rétorqué que sa station dispose d’énormes quantités d’alevins car, il en a produit plus que ce qui est demandé.
En attendant les propositions qui seront faites par les participants au forum, le ministre de l’élevage, des pêches et des industries animales, Aboubakary Sarki a listé quelques actions déjà entreprises par le gouvernement pour booster le secteur de l’aquaculture. Il s’agit notamment de l’étude déjà réalisée sur la réhabilitation des principales stations aquacoles; la construction de trois fermes pilotes d’élevage de poissons en circuit fermé à Yaoundé, Douala et Mbengwi pour promouvoir l’aquaculture intensive et commerciale. Le Minepia a également indiqué qu’il y a des appuis multiformes apportée chaque année aux pisciculteurs pour encourager et soutenir leurs projets d’aquaculture, ainsi que l’élaboration avec l’appui de la FAO du plan de développement durable de l’aquaculture au Cameroun validé le 17 décembre 2009.
Tout n’est pourtant pas noir dans le sous-secteur aquacole au Cameroun. Mme Epoune Monique, délégué du Gic La Moisson, dans la localité de Makondo près d’Edéa dans la région du Littoral a présenté l’activité aquacole que son Gic conduit sur le terrain, pour démontrer que l’activité peut porter si elle est soutenue.
« Nous avons huit étangs, dit-elle (… ) on avait présenté notre dossier de demande de financement aux petites et moyennes entreprises et un jour le Pnud nous a appelé pour dire qu’ils ont notre dossier. Mous avons reçu une subvention à hauteur de 50% de notre projet qui était de 8 millions, donc environ 4 millions. Le Pnud a suivi le cheminement du projet; s’assurant que nous avons acquis du petit matériel et avoir des alevins. Et aujourd’hui, ils sont contents parce qu’ils ont visité plusieurs fois nos étangs. »
L’expérience du Gic La Moisson qui a été applaudie au palais des congrès se présente comme une success story. Mais ses promoteurs attendent d’autres soutiens pour parachever le projet. Il s’agit notamment du conditionnement du produit de la pêche
« Nous avançons mais il faut que le gouvernement viennent voir ce que nous faisons et continue de nous apporter son appui, a souligné Mme Epoune. Nous avons besoin d’un centre de formation, nous avons besoins d’une écloserie pour faire un centre pilote, et nous avons besoin d’une chambre froide parce qu’aujourd’hui on a commencé la pêche, et ayant huit étangs, la pêche va être régulière. Et le jour qu’on ne peut pas vendre, qu’on conserve. »
Le projet du Gic La Moisson est réalisé sur 1900 m2 pour une production envisagée de 4 tonnes de poisson.
Christophe Mvondo